Le film du mois : Doctor Sleep

 

Avis à ceux qui aiment le surnaturel, les ambiances oppressantes et les intrigues mystérieuses Je vous présente le film du mois : DOCTOR SLEEP qui est sortit en salle le 30 octobre. Alors pour célébrer Noël et ses valeurs d’amour et de famille, quoi de mieux qu’un film sombre et angoissant mettant au premier plan des assassinats d’enfants ?

Presque 40 ans après le chef d’oeuvre de Stanley Kubrick , Stephen King revient avec son 2ème opus sur grand écran mais cette fois avec Mike Flanagan derrière la caméra (réalisateur connu pour avoir fait Oculus ou Ouija 2, ou encore The Haunting Hill House).

Toujours pour les retardataires je remets le synopsis :

Suite de Shining dans laquelle Danny, devenu adulte, est encore traumatisé et souffre de problèmes d’alcoolisme et de gestion de la colère. Comme son père. Et ses pouvoirs paranormaux refont surface lorsqu’il doit sauver une fillette.

 

Alors alors, Doctor Sleep qu’est-ce que ça vaut ?

Tout d’abord on sait déjà depuis longtemps que Stephen King n’avait pas  validé et apprécié l’adaptation de Kubrick. Etant une autobiographie le roman racontait le basculement progressif d’un père alcoolique vers la folie et la monstruosité (enfance au top).

En premier lieu on retrouve dans DOCTOR SLEEP une volonté de remettre la thématique de l’alcoolisme au centre de l’intrigue avec le personnage de Dany qui est détruit par les même maux que son père. Comme pris dans un cercle vicieux, il tombe à son tour dans cette machine autodestructrice, restant isolé du monde et prisonnier des fantômes de son passé.

Dès le début le film montre une nouvelle ambition : le fantastique.

SHINING nous laissait avec notre imagination pour juger des “pouvoirs” spéciaux de Dany et de ce qui se tramait dans l’hôtel. Mike Flanagan décide de rester fidèle au récit de Stephen King laissant donc de côté l’aspect psychologique développé par Kubrick. C’est là où le fossé  se creuse entre les deux films, et c’est là aussi où les avis diverges.

Kubrick nous menait dans un univers clos où les explications sont presque murmurées pour laisser le bénéfice du doute. Flanagan lui se réapproprie le cinéma de Kubrick tout en restant fidèle à l’univers de Stephen King.

2ème point donc qui peut faire converger les fans de SHINING et les fans de King : Le nouveau réalisateur réutilise les procédés de mise en scène de SHINING. La symétrie dans les cadrages, les mouvements de caméra, les visions horrifiques ou encore l’extrême plongée.

Certains peuvent donc voir ça comme du pompage net de réalisation Kubrickienne là où d’autre peuvent voir un effort de réalisation pour que la cohérence des 2 films soient visibles pour les spectateurs.

L’univers de Shining…

Néanmoins, tous ces éléments de mises en scènes sont ici détournés et mis au service du fantastique complètement assumé par  Flanagan. Ils ne servent plus uniquement à figurer l’état mental de Jack Torrance (père de l’année 1980). Dans le Shining de Kubrick, Jack est possédé par l’esprit de l’hôtel. Le film est construit autour de ce procédé esthétique qui joue avec l’aspect labyrinthique du décor censé rappeler les méandres de l’esprit torturé (c’est stylé hein?).

…Mais pas tout à fait

Alors que dans DOCTOR SLEEP, l’idée reste proche mais s’étend à l’ensemble des personnages qui ont désormais leur propre labyrinthe et espace mental. Et c’est là où encore une fois on peut se sentir dans un demi Shining.

Reprendre des idées de Kubrick et des idées d’élargissement scénaristique en voulant rester fidèle au roman peut être être confusant. Est-ce qu’on est dans un Shining ou complètement a part ? Est-ce une nouvelle réinterprétation ?

Quand une campagne marketing s’appuie sur côté Shining LA SUITE, une fois avoir vu le film on peut se sentir trompé.

Notre avis ici c’est donc que ce film n’est pas raté, il faut le voir comme un film à part de SHINING.  Même si le personnage principal c’est Dany, qu’on parle de shining pendant 2h et qu’on retourne dans l’hôtel… 

Tu oublies Shining avant de voir Doctor Sleep film ok?

Enfin pas totalement pour comprendre de quoi on parle hein … Mais visuellement c’est réussi. Face aux effets des années 80 c’est pas compliqué, nous avons le plaisir de revoir des créatures toutes à fait charmantes du 1er film mais en qualité graphique supérieure. Le numérique est à l’honneur et nous permet de revoir d’anciens personnages tel que SHINING nous les avait fait voir.

Ce qui une fois de plus permet de faire la liaison entre les deux films. L’esthétisme et les musiques sont très réussies (thème principal reprit de SHINING, donc pas étonnant qu’on aime). Ewan McGregor relève avec succès le challenge de reprendre le rôle de Danny et sa vie visiblement à problème. 

Donc regarde ce film, pour le plaisir de retrouver l’univers de SHINING mais aussi pour découvrir une nouvelle intrigue et de nouveaux personnages.

Bon visionnage!