Alors oui, nous aussi on va en parler.

Je sais que tu as déjà entendu parler de ce film sur quasiment tous les sites de cinéma.

MAIS, il vaut vraiment le coup. Donc si tu n’es toujours pas aller le voir, vas-y ! Il est quand même sorti le 9 octobre 2019 déjà…

En plus détaillé, même si tu sais déjà de quoi ça parle, voici un petit synopsis. Dans le cas où tu vis dans une grotte depuis ces dernières semaines :

Dans les années 1980, à Gotham City, Arthur Fleck, un comédien de stand-up raté, erre dans les rues. Il est alors agressé, déguisé en clown. Méprisé de tous et bafoué, il bascule peu à peu dans la folie pour devenir le Joker, un dangereux tueur psychotique.

Ce film est porté par Joachim Phoenix. Il s’est surtout fait connaitre dans Gladiator en tant que Commode (personnage ma foi fort sympathique). D’ailleurs, regarde également ce film. Et si c’est déjà fait, regarde-le à nouveau. A chaque fois que tu regardes Gladiator un arbre est planté, alors penses un peu à la planète, ok ?

Pour revenir sur Joker : le film dépasse le milliard au box-office à l’heure où je vous parle ! Le tout pour un budget de 60 millions de billets verts. Ceci n’est pas exceptionnel pour cette année 2019. Avec Avengers : Endgame, Le Roi Lion, Captain Marvel, Toy Story 4, Aladdin… Mais le film Joker restreint son exploitation (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés aux Etats-Unis). Le film avec Joaquin Phoenix n’est pas bâti comme un super-blockbuster de destruction massive. Personne ne misait sur le milliard, même encore récemment.

Alors pourquoi ce film est bien ?

Premièrement dans la culture populaire, il existe un stade supérieur à celui du succès, c’est le phénomène. Le film Joker de Todd Phillips vient de rejoindre cette catégorie. À la fois classique et instantané, signe qui dépasse le « succès » : le récit des origines du meilleur ennemi de Batman coche toutes les cases du phénomène. Antagoniste mythique, le Joker est l’exemple même du “bad guy” que l’on adore détester.

Par ailleurs, Joachim Phoenix porte son personnage à merveille. L’interprétation mérite récompense. Toute sa création fait que le spectateur passe 2h de son temps avec quelqu’un de dérangeant au plus haut point. Ses mimiques, ses rires, ses danses, tout est dérangeant et fascinant à la fois. On a envie de détourner le regard comme pour n’importe quel malheureux dans la rue. Mais on a envie de connaître ses réactions et donc de voir la suite. Alors on lui tend la main malgré nous pour qu’il nous emmène au grand final.

La musique, le cadrage, les plans, tout est pensé pour que le spectateur soit immergé dans l’univers du Joker. On est à Gotham dans cette ambiance sombre, tendue, et sous pression. Grâce à cette immersion, les spectateurs réceptifs n’ont d’autres choix que d’avoir de l’empathie pour ce gars. Nous pouvons tous croiser un jour (plutôt de nuit) ce type dans le métro ou dans une rue sombre. Et nous demander ce qui a bien pu lui arriver dans la vie pour être comme ça ? Et cette question, le film en donne une réponse, en tout cas pour ce Joker. Cette empathie nous force l’aimer, et donc le film, car le film est le personnage dont il parle.

Qu’est-ce que t’attend ?

On a attendu ce film, on a été projeté dedans, on a aimé son personnage, que reste-t-il pour expliquer son succès ? Et bien comme d’autres objets culturels : ce Joker devient un signe de ralliement que chacun emprunte à sa manière. Par cette violence que montre le film (parce que oui, il y’a quand même quelques scènes charmantes), chacun peut s’identifier dans le personnage, symbole d’une révolution. Que ce soit à travers cette ville au bord de l’implosion, entre les différentes classes sociales, ou à travers son personnage qui tombe peu à peu dans la folie à cause des pressions qu’il subit. Dans cette période difficile qu’est la nôtre, l’identification est accessible à tous.

Suite à ce dernier point, la dernière chose intéressante dans Joker c’est justement ce sentiment que l’on créé autour de lui. Le résultat entraîne un malaise durant tout le film car oui, nous sommes en train d’aimer un monstre. Nous sommes du côté du méchant, ou du moins nous l’excusons.

Donc si tu n’as toujours pas compris le message subliminal que j’essaye de t’encrer dans la tête depuis le début : Va voir ce film. Remercie l’effort de toute cette production magnifiquement réalisée. C’est cru, poétique, dérangeant et fascinant.

Une réelle expérience cinématographique que chacun doit vivre pour apprécier.